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9 décembre 2000 6 09 /12 /décembre /2000 17:32

 

Le bec en sabot Balaeniceps rex

 

Le bec en sabot (Balaeniceps rex), appelé également bec en sabot du Nil ou cigogne à tête de baleine, est un oiseau appartenant à l'ordre des Ciconiiformes, à la famille des pélécanidés (Pelecanidae) et au genre Balaeniceps. Auparavant le bec en sabot dépendait de l'ordre des pélécaniformes (Pelecaniformes) et de la famille des balénicipitidés (Balaenicipitidae), tous deux supprimés à l'occasion des dernières classifications. Cependant la classification de cet étrange oiseau est encore incertaine.

Le nom latin du bec en sabot est étrange mais réaliste et se traduit par "roi à tête de baleine". Il est vrai que son bec, vestige de temps très reculés est très particulier.

Le bec en sabot est originaire du continent africain et plus particulièrement de l'est et du centre de l'Afrique tropicale (notamment Soudan, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Zambie). Le bec en sabot fréquente les zones de marais et marécages, mais également les lacs et cours d'eau où croissent divers roseaux et papyrus.

Le bec-en-sabot est un oiseau échassier qui peut mesurer jusqu'à 1,2 mètre de hauteur, muni d'un bec approchant 20 centimètres de long pour 10 centimètres de large, de couleur rosâtre à jaunâtre et présentant des macules grises. Le bec est doté d'un crochet dont l'extrémité acérée en fait un outil remarquable pour harponner ses proies. Le bord des mandibules est particulièrement tranchant. Le bec-en-sabot se sert de cet outil pour couper la tête de ses proies avant de les ingérer.

Le bec-en-sabot présente un plumage presque intégralement gris/bleu à l'exception des extrémités des ailes qui sont noires. Le ventre est gris blanchâtre. Sa tête, un peu plus sombre, est ornée d'une petite crête érectile derrière la calotte (voir photo). Les pattes du bec-en-sabot, non palmées, et ses orteils sont noirâtres. Il n'y a pas de différence notable entre les deux sexes si ce n'est que le mâle est un peu plus grand que la femelle et que son bec est également plus long. Le plumage des jeunes est un peu plus foncé que celui des adultes.

Le bec en sabot se nourrit essentiellement de poissons (poissons chats, dipneustes, tilapias…), mais aussi de grenouilles, de jeunes tortues, de serpents aquatiques ou de gastéropodes divers. Il lui arrive à l'occasion de manger également des rongeurs et de jeunes oiseaux.

Le bec en sabot chasse généralement la nuit, dans les eaux peu profondes, immobile, dans l'attente du passage d'une proie. Lorsqu'elle passe à proximité, il la saisit brusquement à l'aide de son bec crochu et les mandibules acérées font le reste. La proie est généralement consommée après avoir été décapitée. Dans des eaux plus profondes, le bec en sabot s'installe sur une structure flottante pour chasser.

Le bec en sabot est un oiseau monogame, solitaire, territorial, qui vit sur un territoire d'environ 3 à 4 km2. La nidification a lieu juste avant la saison sèche car à cette époque la pêche est plus facile et il sera donc plus aisé de nourrir les oisillons.


Le nid est construit par le couple généralement sur un ilot ou une structure flottante. Le nid, d'un diamètre supérieur à 1 mètre est construit à partir de tiges de roseaux et autres matériaux. La femelle y dépose de 2 à 3 œufs blanchâtres qui seront incubés par le couple pendant une trentaine de jours. Lorsqu'il fait très chaud les parents régurgitent de l'eau (ou déposent des plantes humides) sur les œufs afin de les refroidir. De la même façon, les parents font de l'ombre avec leur corps pour garder les poussins au frais. Pendant le premier mois les parents se relaient auprès de leurs petits pour les protéger.

Les poussins, couverts de duvet gris argenté, se nourrissent seuls à partir de la nourriture régurgitée par les deux parents. Il n'y a pas de becquée. Les jeunes restent au nid pendant une centaine de jours environ mais ils ne seront capables de voleur qu'un peu plus tard. Dans les premiers temps les jeunes becs en sabot dépendent encore de leurs parents pour la nourriture. Sur les deux à 3 oisillons mis au monde, il n'en survit généralement qu'un, soit à cause des prédateurs, soit par manque de nourriture ou soit par accident. La majorité sexuelle ne sera atteinte que vers l'âge de 3 à 4 ans. L'espérance de vie du bec en sabot est d'environ 30 à 35 ans en captivité. Elle est certainement inférieure dans leur milieu naturel.

Comme pour beaucoup d'espèces le bec en sabot est menacé essentiellement par la perte de son habitat (assèchement des marais), mais aussi à cause des captures (pour la viande et pour le commerce). Les populations, estimées en 1997 aux alentours de 14.000 individus, seraient réduites à 5 à 8000 individus en 2002. Combien en reste-t-il à ce jour ? Le bec en sabot est classé comme "vulnérable" par l'UICN et figure à l'annexe II de la CITES.

En allemand le bec en sabot s'appelle schuhschnabel, en anglais : shoebill, en danois : træskonæb, en espagnol : picozapato, en estonien : kingnokk, en finnois : kenkänokka, en italien : becco a scarpa, en japonais : hashibirokou, en lituanien : batasnapis, en néerlandais : schoenbekooievaar, en norvégien : treskonebb, en polonais : trzewikodziób, en slovaque : člnozobec král'ovský, en slovène : cevljekljun, en suédois : träskonäbb, en tchèque : člunozobec africký et en turc : pabuçgaga.




Kriss de Niort, le 07 décembre 2007


 

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Published by Kriss de Niort - dans Autre
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