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25 septembre 2000 1 25 /09 /septembre /2000 11:30

 

Sphinx du troène - Sphinx ligustri



Le sphinx du troène (Sphinx ligustri Syn. Sphinx spiraeae) est un papillon (lépidoptère) nocturne appartenant au sous ordre des Ditrysia, à la super famille des Sphingoidea, à la famille des sphingidés (Sphingidae), à la sous famille des Sphinginae et au genre Sphinx.

L'aire de répartition du sphinx du troène est très large et s'étend d'ouest en est de l'Europe à l'Asie, jusqu'au Japon. Au sud le sphinx du troène est présent depuis l'Afrique du nord (Algérie, Maroc et Tunisie) jusqu'au sud de la Scandinavie. Le sphinx du troène semble absent d'Irlande et d'Écosse.

Compte tenu de cette large répartition de nombreuses sous espèces et formes ont été décrites, sans que ce soit toujours justifié. Je vous en livre ici quelques-unes :
• Sphinx ligustri albescens,
• Sphinx ligustri amurensis,
• Sphinx ligustri brunnea,
• Sphinx ligustri brunnescens,
• Sphinx ligustri chishimensis,
• Sphinx ligustri cingulata,
• Sphinx ligustri eichleri,
• Sphinx ligustri fraxini,
• Sphinx ligustri grisea,
• Sphinx ligustri intermedia,
• Sphinx ligustri ligustri,
• Sphinx ligustri lutescens,
• Sphinx ligustri nisseni,
• Sphinx ligustri obscura,
• Sphinx ligustri perversa,
• Sphinx ligustri postrufescens,
• Sphinx ligustri seydeli,
• Sphinx ligustri unifasciata,
• Sphinx ligustri weryi,
• Sphinx ligustri zolotuhini.


Le sphinx du troène fréquente de préférence les forêts ouvertes tempérées, l'orée des bois, les collines calcaires broussailleuses, les haies, les prairies ainsi que les parcs et jardins. De ce fait il peur être rencontré en milieu suburbain, voire urbain, du niveau de la mer jusqu'à 1500 mètres d'altitude. En Afrique du nord le sphinx du troène fréquente seulement les pentes orientées au nord des monts Atlas.

Le sphinx du troène mesure environ 6 centimètres de long et présente une envergure de 9 à 12 centimètres ce qui est une taille respectable. Il existe des variations de taille dans certains endroits de son aire de répartition. La femelle est légèrement plus grande que le mâle. Les ailes antérieures sont grisâtres et noires, avec un aspect marbré. Les ailes postérieures sont rosées avec deux bandes noirâtres. L'abdomen est strié de bandes rosâtres et noirâtres, surtout dans sa partie antérieure. Chez le Sphinx ligustri grisea le rose est remplacé par du gris. Chez le Sphinx ligustri albescens le rose est plutôt blanchâtre. Chez le Sphinx ligustri lutescens le rose de l'abdomen est plutôt jaunâtre. A part la différence de taille, il n'y a pas vraiment de dimorphisme sexuel.

Le sphinx du troène est univoltin dans la partie septentrionale de son aire de répartition et bivoltin dans la partie méridionale. Là où il n'y a qu'une seule génération l'imago est visible en juin / juillet. Là où il y a deux générations l'imago est visible en avril / mai puis vers le mois d'août. Bien évidemment ces dates sont des dates moyennes à moduler en fonction du lieu.


L'imago du sphinx du troène est surtout actif au crépuscule, mais également pendant la nuit et vole sur diverses fleurs nectarifères. Avec son imposante envergure alaire il vole d'ailleurs très bien. Le jour le sphinx du troène se tient sur les troncs d'arbres, les poteaux ou les murs. Il semble préférer les surfaces verticales car on l'observe rarement en position suspendue.

Après accouplement la femelle pond environ 200 œufs, vert tendre, au revers des feuilles des plantes nourricières, soit isolément, soit par petits paquets. Compte tenu de l'importance de l'aire de répartition les plantes hôtes sont très nombreuses, mais on peut citer : le troène commun (Ligustrum vulgare), le troène de Californie (Ligustrum ovalifolium), le troène à feuilles obtuses (Ligustrum obtusifolium), le lilas commun (Syringa vulgaris), le lilas de Hongrie (Syringa josikaea ), le lilas du Japon (Syringa reticulata ), le frêne commun (Fraxinus excelsior), le frêne à fleurs (Fraxinus ornus), le frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), le frêne de Corée (Fraxinus rhynchophylla ), la spirée à feuilles de saule (Spiraea salicifolia), la spirée à feuilles de prunier (Spiraea prunifolia ), la spirée barbe de bouc (Aruncus dioicus), la spirée de Thunberg (Spiraea thunbergii), la spirée trilobée (Spiraea trilobata), la spirée à feuilles de petit chêne (Spiraea chamaedryfolia), la viorne obier (Viburnum opulus), la viorne tin (Viburnum tinus), la viorne lantane (Viburnum lantana), le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica), la symphorine (Symphoricarpos alba), le sureau noir (Sambucus nigra), le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea),
le sorbier des oiseleurs ou sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia), le charme commun (Carpinus betulus), le merisier (Prunus avium), le fusain d'Europe (Euonymus europaeus), et bien d'autres.

Les œufs éclosent au bout de 10 à 20 jours en fonction des conditions climatiques. La chenille est d'abord jaunâtre, puis plus tard verte, avec une corne (nommée scolus) noire et blanche, recourbée, à l'extrémité de son corps. Ses flancs présentent 7 rayures obliques brun violacé et blanches, qui semblent se prolonger sur le segment adjacent par une petite rangée de points blancs. A son développement maximal, au bout de 4 à 7 semaines, la chenille mesure de 9 à 10 centimètres et prend une teinte brun violacé en fin de stade.

Arrivée à terme la chenille s'enfouit dans le sol pour exécuter sa nymphose, dans une chrysalide nue. En effet la chenille du sphinx du troène ne tisse pas de cocon mais se constitue seulement une loge nymphale sommaire. La chrysalide est brun rouge, brillante, mesure de 5 à 5,5 centimètres, et présente une excroissance contenant la future trompe. La chrysalide peut rester un an ou deux enfouie dans le sol avant que n'émerge l'imago.

En allemand le sphinx du troène s'appelle ligusterschwärmer, en anglais : privet hawkmoth, en néerlandais : ligusterpijlstaart, en polonais : zawisak tawulec et en suédois : ligustersvärmare.


Kriss de Niort, le 25/09/2008


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Published by Kriss de Niort - dans Autre
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