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10 novembre 2000 5 10 /11 /novembre /2000 19:59

 

Messages d’Alerte émis par un Apiculteur !


Photo Python royal (Python regius) A 60 ans, j'ai débuté l'apiculture par curiosité et passion (rêve d'enfant) il y a environ 4 ans, et suis donc confronté à la disparition des abeilles. J'ai perdu 4 ruches sur les 9 que j'avais, et les colonies sont de plus en plus petites. Je pense que beaucoup d'abeilles ne savent plus s'orienter pour rentrer au bercail. Les apiculteurs que je connais constatent la même chose.

Je cultive des plantes mellifères dans mon petit pré (2000 m2), où sont installées mes ruches, notamment phacélie, trèfle blanc et violet, mélilot et lotier corniculé. Malgré cela, récolte de miel quasi nulle (il faut beaucoup plus que 2000 m2 pour 5 ruches), et je leur laisse donc.

Cette année nous avons en plus été confronté à une météo capricieuse, il a fait chaud très tôt puis gelé ensuite. En automne, je leur donne du sirop pour stimuler la ponte de la reine, et ainsi essayer de créer une colonie plus populeuse qui résistera mieux à l'hiver, et en hiver de la pâte (candi) pour qu'elles tiennent le coup jusqu'au printemps. Mais il faut s'accrocher et je me demande si je ne vais pas devoir abandonner cette passion pour placer mes ruches dans un territoire plus favorable.

La nature est forte et sait s'adapter, mais à notre époque, tout va certainement trop vite et elle n'en a donc pas le temps.

Les abeilles s'éteignent par milliards depuis quelques mois.

Leur disparition pourrait sonner le glas de l'espèce humaine. Et de la même façon que les passagers du Titanic n’ont pas vu s’approcher l’iceberg; De la même façon que personne n’a vu arriver le tsunami; De la même façon personne ne voit venir cette catastrophe!

C'est une incroyable épidémie, d'une violence et d'une ampleur faramineuse, qui est en train de se propager de ruche en ruche sur la planète. Partie d'un élevage de Floride l'automne dernier, elle a d'abord gagné la plupart des Etats américains, puis le Canada et l'Europe jusqu'à contaminer Taiwan en avril dernier. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible, pas plus que de squatter pourtant prompt à occuper les habitats abandonnés.

En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats. Au Québec, 40 % des ruches sont portées manquantes.

En Allemagne, selon l'association nationale des apiculteurs, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu'à 80 % dans certains élevages. Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé «phénomène Marie-Céleste», du nom du navire dont l'équipage s'est volatilisé en 1872.

En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu'à l'interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l'épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.

« Syndrome d'effondrement »

Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le «syndrome d'effondrement» - ou «colony collapse disorder». « Trois quart des cultures qui nourrissent l'humanité en dépendent », résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l'Inra (Institut national de recherche agronomique).

Arrivée sur Terre 60 millions d'année avant l'homme, Apis mellifera (l'abeille à miel) est aussi indispensable à son économie qu'à sa survie.

Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ?
La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l'abdomen des abeilles ?
«Plutôt une combinaison de tous ces agents», assure le professeur Joe Cummins de l'université d'Ontario.
Dans un communiqué publié cet été par l'institut Isis (Institute of Science in Society), une ONG basée à Londres, connue pour ses positions critiques sur la course au progrès scientifique, il affirme que « des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles ».

Pour éviter les épandages incontrôlables, les nouvelles générations d'insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu'au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu'elles empoisonnent. Même à faible concentration, affirme le professeur, l'emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles. Par effet de cascade, intoxiquées par le principal principe actif utilisé - l'imidaclopride (dédouané par l'Europe, mais largement contesté outre-Atlantique et en France, il est distribué par Bayer sous différentes marques : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage...).les butineuses deviendraient vulnérables à l'activité insecticide d'agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures.

Butineuses apathiques
Pour preuve, estime le chercheur, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans quantités d'essaims en cours d'effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées par une demi-douzaine de virus et de microbes.

La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets (Nosema locustae), certaines teignes (Nosema bombycis) ou la pyrale du maïs (Nosema pyrausta). Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l'image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d'Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours.

C'est ce que vient de démontrer dans une étude conduite sur l'ADN de plusieurs abeilles l'équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l'est de Madrid réputée pour être le berceau de l'industrie du miel espagnol. «Ce parasite est le plus dangereux de la famille, explique-t-il. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu'au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50 % de nos ruches sont contaminées».

Or l'Espagne, qui compte 2,3 millions de ruches, est le foyer du quart des abeilles domestiques de l'Union européenne. L'effet de cascade ne s'arrête pas là : il jouerait également entre ces champignons parasites et les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées, assure le professeur Joe Cummins.

Il vient ainsi de démontrer que des larves de pyrale infectées par Nosema pyrausta présentent une sensibilité quarante-cinq fois plus élevée à certaines toxines que les larves saines. « Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l'évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d'autres éléments dévastateurs », accuse-t-il pour conclure.

Il n'est pas seul à sonner le tocsin. Sans interdiction massive des pesticides systémiques* la planète risque d'assister à un autre syndrome d'effondrement, prévoient les scientifiques : celui de l'espèce humaine.

Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l'homme : «Si l'abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre». Parce qu’il faudra attendre une législation pour arrêter ça, les scientifiques n’ont pas les perspectives assez développées et globales pour stopper d’eux-mêmes !

Sur votre moteur de recherche, vous pouvez taper aussi : « Du miel aux OGM en Ardèche 12/09/07 » ou « Les abeilles s'éteignent par milliards » ! Les scientifiques jouent depuis longtemps aux apprentis sorciers! Comment ne pas s’étonner, s’émerveiller qu’un si petit élément de la Création puisse jouer un si grand rôle pour l’homme ? Qui nous est le plus indispensable ? L’abeille ou le chimiste ? Les industries chimiques sont très riches mais le monde risque de s’arrêter parce qu’on n’a pas su respecter ce si petit élément.

Mais...

Quand eux aussi crèveront de faim, qui s’occupera du nucléaire et autres souvenirs que l’industrie va laisser partout grâce à eux ? Oui, merci aux scientifiques... et comprendre que « Je ne connais que deux choses qui soient infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais je ne suis pas sûr de la première. » Arthur Buies

D’autres informations :

Que pouvons nous faire : comme vous le dites, planter des fleurs mellifères dans son jardin et partout où c'est possible. Pour les personnes qui craignent les abeilles, il faut préciser qu'elles ne sont pas agressives lorsqu'elles ne sont pas près de leur nid. Ne pas les confondre avec les guêpes.

Elles s'occupent de butiner, et ça leur suffit largement. Elles peuvent voler de fleur en fleur tout près de vous sans s'occuper de votre présence. Il suffit de les laisser tranquillement faire leur récolte et de ne pas essayer de les chasser.

Nous pouvons aussi arrêter d'utiliser les pesticides, herbicides, et autres produits chimiques ayant de nombreuses propriétés sauf celle d'être naturelle. Le désherbage à la main ou avec un désherber thermique préserve la terre que nous laisserons à nos descendants.

Mais vous savez certainement que dans la région nous seront aussi bientôt confronté au frelon asiatique, le Vespa Velutina, qui a déjà envahi tout le sud-ouest de la France, et s'approche de chez nous chaque année. Il se nourrit d'abeilles qu'il attrape en vol.

Inquiets, nous avons plusieurs fois observé devant nos ruches que
les frelons communs de nos régions (Vespa Crabo) font de même, mais certainement à moins grande échelle. Ils se postent devant les ruches pour attraper en vol les abeilles qui rentrent de leur butinage. Nous les avons même vus se poser sur la planche d'envol des ruches pour enlever une abeille qu’ils emportent pour la manger plus loin ou peut-être l'amener au nid.

Et pourtant ce frelon là n'est pas réputé comme gros mangeur d'abeilles. Nous craignons donc l'arrivée du Vespa Velutina. Je vous envoie en pièce jointe une photo que j'ai faite, où on distingue très bien au centre la mère, (c'est plus juste que de l'appeler la reine) plus grande que ses filles, et dans les cellules ouvertes, les bébés (larves blanches), et des cellules fermées (operculées par les abeilles avec de la cire) qui contiennent du pollen récolté par les butineuses et destiné à la nourriture des larves.

Plus d'infos sur Vespa Velutina :

http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i143villemant-haxaire-streito.pdf
http://www.beekeeping.com/sante-de-labeille/articles/vespa_velutina.htm
Conclusion par notre Apiculteur du Beaujolais.

Pensez à ce que vont vivre vos petits-enfants et leurs descendants si nous n'agissons pas dès maintenant ! Que vont-ils penser de leurs ancêtres qui par leur négligence et souci de confort immédiat ont laissé faire ou ont été eux même les acteurs de cette dégradation de notre planète. Nos parents ne savaient pas, mais nous, nous sommes maintenant informés et nous savons ! Alors, plus d'excuse. Oserez vous les regarder en face, dans les yeux quand ils vous le demanderont ?


Aidez les abeilles dans la mesure de vos moyens en plantant une multitude de plantes mellifères dans votre jardin !


http://apisite.online.fr/flore-b.htm


Aimable contribution de
Clairefontaine

Crédit photo :
La photo a été mise dans le domaine public par son auteur : Daniel Feliciano


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Published by Clairefontaine - dans Autre
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