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19 avril 2000 3 19 /04 /avril /2000 16:31

La nature méditerranéenne en France



LES MILIEUX, LA FLORE, LA FAUNE est justement le sous-titre de cet ouvrage d’une taille raisonnable (230 x155) pour qui veut l’emporter sur le terrain, lors de sorties en région méditerranéenne française.

Ce sous-titre est parfaitement à propos, puisqu’il résume idéalement l’approche proposée par les Ecologistes de l’Euzière pour cette découverte progressive d’un environnement à l’aspect si sauvage mais pourtant en grande partie façonné par l’homme au cours des siècles, voire des millénaires.

J’ai acheté « La Nature méditerranéenne en France » en 2002. Depuis, il a été mon fidèle compagnon, toujours à portée de main dans le sac à dos ou dans la musette, lors de mes errances dans les mystérieuses et fascinantes étendues du Luberon.

Je dois préciser que je suis, depuis cinq ans, intervenant pédagogique en éducation à l’environnement pour le Parc naturel régional du même nom. Ce livre m’a été doublement utile, car il m’a assuré une formation de base sans égal pour une somme raisonnable…

« Les milieux, la flore, la faune » est donc un sous-titre idéal, puisque que c’est ainsi que ce guide est découpé. On trouve donc trois chapitres, correspondant à chacun des trois thèmes énoncés.

Le premier, intitulé « les milieux et leurs histoires », est une sérieuse entrée dans le monde de cette nature ensoleillée si riche et variée. Ainsi on semble arriver du ciel, puisque tout commence par une carte de la « zone de l’olivier ». Car c’est à la répartition de cet arbre mythique que l’on peut associer la cartographie d’une région dite « méditerranéenne ». Celle-ci s’étend d’ailleurs de Perpignan à Nice, en comptant la Corse, amputée de ses plus hauts sommets (car là on trouve d’autres conditions de vies !), et est limitée vers le nord par les Alpes, les Cévennes, et dans le couloir du Rhône par le manque d’ensoleillement qui commence tout de suite après Valence. A l’ouest les Pyrénées marquent une autre limite, celle de la haute montagne, bien entendu.

Ce petit résumé de l’introduction vous donne une idée de la foule d’informations que peut fournir, page après page, ce chapitre. Par la suite, on vous parlera du climat méditerranéen, idéal pour les vacances, mais très dur pour les êtres vivants en permanence sur place, on vous racontera l’histoire de cette mer qui influence tant les régions qui l’entourent, et très rapidement on comprendra que les paysages ont été dans cette région façonnés par l’homme depuis très longtemps. Suit donc une évocation de la construction du littoral, véritable création humaine (pas toujours dans le bon sens d’ailleurs), soumises malgré tout à la loi implacable d’une nature qui ne se laisse pas faire. D’ailleurs, on nous rappelle rapidement l’échelle de la vie d’une telle région, en nous racontant par exemple la formation des paysages végétaux il y a 1.8 millions d’années… De quoi réfléchir sur la relativité de l’importance de l’espèce humaine, pourtant toujours actrice de son environnement, on le comprend à la lecture de ce guide.

Ce qui est le plus intéressant encore, c’est ce qui suit. Au fil des articles qui constituent ce chapitre, on vit un véritable voyage de la mer à la montagne, en gravissant différents étages, occasion d’aborder la notion de milieux. On apprend donc à distinguer les cadres de vie des différentes espèces animales et végétales, dépendantes de la géologie, des précipitations, de l’altitude… On voit alors les paysage différemment : on comprend que tout est lié, et on entre alors dans une perception très moderne, celle d’une réalité sans laquelle nous perdons le sens de la vie : l’écologie.

Le voyage est magnifique : du milieu marin, « mouvement, écume et lumière », on passe aux côtes rocheuses et leur flore si coriace. On passe par « les plages et leurs trésors », « les dunes vives », les arrières dunes, les sansouires (basses terres salées), on remonte peu à peu vers les collines, non sans avoir rendu visite aux marais d’eau douce, très présents en Provence, et pourtant menacés par un urbanisme brut et sans scrupules. Sur ces collines, on trouve plusieurs milieux de vie : les maquis, les garrigues, très riches biologiquement (à ce propos je vous invite à consulter mon avis sur le magnifique « La garrigue grandeur nature » de J.M. Renault), que l’on regroupe depuis derrière le nom emprunté à l’espagnol de « matorral ».

La région méditerranéenne fût aussi le siège du développement humain au fil des siècles, et c’est pourquoi l’histoire qui suit, celle des « premiers paysans du midi », n’est pas superflue, surtout quand elle est suivie de celle de la pierre sèche, matériau d’une civilisation paysanne très inventive et au sens pratique sans égal.

On visitera ensuite les forêts, les pelouses et prairies sèches, et entre les deux, il y a le feu qui joue un rôle important, qu’il soit maîtrisé ou non. Les auteurs prennent le temps de s’arrêter sur une ou plusieurs espèces emblématiques de la région. C’est le cas de la couleuvre de Montpellier, dont le mâle peut atteindre 230 cm de longueur, symbole de cette nature puissante racontée dans ce guide. C’est également le cas des plantes aromatiques, véritables stars du midi, et sur lesquelles on apprend quantité de choses … On oublie pas les cultures, vignes, olivier, et les friches, talus et décombres, autant de milieux de vie originaux, aux hôtes animaux et végétaux tout aussi particuliers.

Et on remonte encore : on passe par les escarpements rocheux, les grottes et avens, et la zone de transition avec le milieu montagnard, ou se rencontrent deux mondes : celui d’en haut, (Alpes, Cévennes…) et celui du bas, Provence et Ardèche par exemple.

Après un détour par la Corse (qui mérite bien plusieurs pages), on parle encore de la Crau, tapis aride de galet fourmillant de vie, et de la petite faune domestique (araignée et scorpions… impressionnants, mas sans danger réel).

Tout au long de ce voyage, on rencontre énormément de plantes, d’animaux, et leurs photos, suffisante en qualité pour qu’on puisse les reconnaitre. Les espèces, quand elles sont citées sous les images ou dans les textes, sont suivies d’un nombre entre parenthèses, qui renvoie aux deux autres chapitres de notre guide.

Car avec ces derniers chapitres, on dispose d’un véritable guide d’identification de la faune et de la flore méditerranéenne, en ce qui concerne ses représentants les plus souvent rencontrés.

Même si les dessins de Philippe Martin, auteur principal de ce livre, sont parfois un peu flous, on peut très facilement reconnaître les espèces. J’ai souvent été étonné, après avoir jugé un dessin un peu trop approximatif, de la ressemblance, au final, avec le sujet réel, une fois celui-ci rencontré ! Et si votre trouvaille ne se trouve pas dans le guide, il y a toujours un dessin qui lui ressemblera, et ainsi vous apprendrez à établir des liens de parenté entre un trèfle étoilé et une vesce jaune, un centranthe chausse-trape et un lilas d’Espagne, ou encore une magicienne dentelée et une taupe grillon… A la lecture de ces noms vous comprendrez que nous sommes à nouveau dans un domaine magique et mystérieux, celui d’un monde si proche, et pourtant si lointain car on passe à coté sans le regarder…

Le guide se termine bien entendu par l ‘indispensable index, qui a pour originalité (et efficacité !) de rassembler sur les mêmes pages noms latins et noms communs.

D’année en année, ce bouquin m’a aidé à progresser dans ma connaissance de cette belle région qu’est la Provence, et cela aurait été la même chose si j’avais voyagé en Ardèche ou dans le Gard… Si vous cherchez un bon guide pour débuter, ou pour rassembler dans un seul livre les principales informations, les retrouver rapidement, chez vous ou sur le terrain, celui-ci est idéal. Si vous voulez vous essayer à cette fascinante discipline qu’est le naturalisme, voici le livre qui vous ouvrira bien des portes, pour peu que vous dirigiez vos pas au sud. Par la suite, vous pourrez toujours approfondir vos domaines de prédilection, grâce à des ouvrages plus spécialisés.

Grâce à des outils comme celui-ci, on peut l’affirmer : une passion, ça se construit jour après jour.

Aimable contribution de Sylvestrel.

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Published by Kriss de Niort - dans Autre
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