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22 avril 2000 6 22 /04 /avril /2000 07:38

Dimanche matin, huit heures


Ca fait déjà près d'une heure que je suis en forêt. Le bilan de mes observations est déjà riche. Tout est calme. A cette heure là, pas de promeneur. La nature m'appartient. La forêt est étrangement tranquille… Juste par-ci par-là un léger cri d'oiseau au fond de son nid. Juste quelques bourdons à peine éveillés, des araignées humides de rosée matinale et il est encore trop tôt pour les papillons…

Cependant, en tendant l'oreille, une oreille habituée à la nature, j'entends un bruit. Un bruit très léger, à peine perceptible. On dirait une pluie fine sur le feuillage, mais il fait soleil… Plus j'écoute plus j'entends. J'arrive à en localiser la source. Juste là au-dessus de moi. Là dans l'arbre…

Je lève la tête, je ne vois rien. J'ai beau observer, je n'arrive pas à trouver l'origine de ce bruit qui m'obsède maintenant. Il est là très présent, je n'entends plus que lui. Et puis soudain, la révélation !

Les arbres autour de moi n'ont pratiquement plus de feuilles. Ce que j'entends c'est donc des mâchoires, des milliers de mâchoires qui inlassablement engloutissent les feuilles tendres des chênes.

Maintenant que j'ai identifié la source, mes yeux avertis se mettent au travail, tels le périscope du sous-marin. Je ne tarde pas à trouver à qui appartiennent ces mâchoires. D'ailleurs je m'en doutais au vu des dégâts. Les chenilles !

J'en ai identifié trois sortes. Elles ne sont pas très belles. Il y a une variété verte sans grand intérêt, des chenilles arpenteuses qui font le pont pour avancer, et des chenilles assez intéressantes qui imitent une brindille pour se faire oublier. Je les observe un long moment et je prend de nombreuses photos en espérant que certaines soient réussies.

A un moment, je sens sur ma joue une présence importune. Je passe ma main qui écrase une chose mal identifiée dans un premier temps. A mieux y regarder je viens d'écraser une chenille. En cherchant un mouchoir dans mon sac photo, je m'aperçois que j'ai une autre chenille sur le bras. Puis une autre un peu plus haut, une autre sur le col… J'avais sept chenilles sur moi ! Maintenant j'ai l'impression d'en avoir dans le cou. Ca gratte… non moi, pas vous… c'est psychologique sans doute… Heureusement ce n'est pas des chenilles processionnaires…

Sortir de cet endroit devient une priorité. La promenade n'est plus agréable pour l'instant. Mes yeux sans cesse aux aguets voient des chenilles partout. Et puis maintenant il y a ces grands fils qui pendent avec à leur extrémité, tels d'improbables pantins, des chenilles qui jouent à la balançoire. J'en évite quelques unes, mais c'est difficile de toutes les éviter et de toutes façons les fils s'accrochent à mes vêtements, à mes cheveux…

En rangeant mon appareil photo, j'aperçois des sortes de petites billes noires un peu partout sur l'herbe. Il y en a des centaines de milliers un peu partout… Et puis l'évidence : ce sont les déjections des chenilles. A les regarder j'ai l'impression qu'au fur et à mesure qu'elles mangent, ça sort de l'autre côté.

En fait maintenant je sais… Ce que j'entendais ce n'est probablement pas les mâchoires, mais les déjections qui rebondissent sur les feuilles et sur les branches avant de choir au sol… Drôle de musique pour un dimanche matin…


Kriss de Niort le 22/04/2007

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Published by Kriss de Niort - dans Autre
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commentaires

marmota@laposte.net 23/04/2007 09:16

je pense que tu as dû être à la fois déçu d'écourter ta promenade, mais heureux de découvrir encore quelque chose de nouveaux. Mais le printemps est là! tu vas découvrir de nouvelles choses bien plus agréables et nous les faire partager. bisous et bonne balade

Kriss de Niort 23/04/2007 09:20

nelly 22/04/2007 13:10

impressionnant... à la fois ce que tu décris et cette décoyverte petit à petit des détails.

Kriss de Niort 22/04/2007 16:42

Merci à toi :)